Soudain, on n'a vu que lui. Tel un zébulon resté trop longtemps en cage, Terry filait aux quatre coins du parquet, insaisissable, comme au premier jour, comme quand il avait choqué l'assistance en tant qu'invité surprise des Bleus à l'Euro 2022, comme si sa vie en dépendait. Et quelque part, la survie de Monaco en dépendait bien vendredi soir, puisqu'une défaite contre Barcelone aurait signé la fin prématurée de son aventure européenne de cinq saisons, lors desquelles le club de la Principauté aura donc toujours disputé les play-offs. Si ce n'est pas lui qui a porté le premier coup de semonce, ni le coup de grâce (victoire finale 79-70), l'ailier natif de Poissy (32 ans) a été le héros officieux d'une rencontre qu'il n'aurait sans doute pas dû disputer. Absent depuis le 29 mars en raison d'une pubalgie, « il n'avait même pas repris l'entraînement avec contact », expliquait après-coup son entraîneur Manuchar Markoishvili. « Il tenait juste trop à être avec ses coéquipiers sur le banc. Son énergie a été plus que positive. Il faut bien sûr féliciter toute l'équipe ce soir, mais lui mérite un crédit encore plus particulier. » « C'est le meilleur coéquipier, le joueur d'équipe ultime » Alors que les Monégasques avaient lancé leur affaire sur les chapeaux de roue (26-12), l'ancien Manceau, qui va retrouver son ancienne maison dès samedi en finale de la Coupe, a fait son entrée en toute fin de premier quart pour remplacer Matthew Strazel. Un soutien indispensable pour soulager un effectif qui évoluait essentiellement à huit ces dernières semaines en raison des blessés et de l'interdiction de recrutement prononcée par l'Euroligue pour des dettes encore non acquittées. Mais Tarpey a fait bien plus que laisser souffler ses coéquipiers. ## 7 points et 4 rebonds en 5 minutes En cinq minutes, il a imposé son tempo et bousculé tous les Barcelonais se trouvant sur sa route. Son insatiable énergie était vite récompensée quand il se trouvait à la finition d'un mouvement collectif léché pour sanctionner à 3 points sur un beau renversement de Begarin. « Je me suis bien senti. La pubalgie est toujours là, mais les douleurs ont baissé, soufflait l'intéressé. Après, mon idée, c'est toujours d'aider l'équipe, de donner 110%. Et je suis heureux de l'avoir fait ce soir. Tout le monde sait la saison que l'on traverse. On a beaucoup de talent, de soldats, de guerriers. Il faut aussi des joueurs de rôle. Chacun s'appuie sur le travail des autres. » Quand il ratait une tentative, Tarpey fonçait lui-même récupérer ses rebonds offensifs. Actif sur tous les ballons, il est allé en chiper un dans les mains de Will Clyburn, avant de se trouver à la conclusion de la contre-attaque sur un dunk tonitruant à deux mains, laissant Gaston-Médecin à la fois coi et euphorique. « Tout ça en cinq minutes !, hallucinait son entraîneur.* Il a montré une volonté sans faille. Il était plus en forme que Nemanja Nedovic, qui devrait jouer demain en Coupe. Son énergie est communicative, car il ne se contente pas des points (7), il fait de bonnes aides, des rebonds (4), des interceptions. Et quand on se retournait sur le banc, on voyait que tout le monde était à fond avec lui. C'est le meilleur coéquipier, le joueur d'équipe ultime, toujours disponible. **Chapeau. »*
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Terry Tarpey, l'ailier explosif de Monaco
·2026-06-09·2 MIN DE LECTURE